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Ab ira leonis, urbs Arelatensis hostibus hostis et ensis
Arles est sur le Rhône, là où commence son delta, et constitue donc la porte de la Camargue. La ville initiale construite sur un rocher dominant la rive gauche du Grand Rhône (coordonnées géographiques : 43° 40' 41'' N, 4° 37' 46'' E) s'est développée ensuite à l'ouest, sur la rive droite (quartier de Trinquetaille) puis au Sud (quartiers du Vieux-Bourg, de la Roquette et de Barriol) et au Nord (quartiers Montplaisir et du Trébon). La présence de marais à l'Est a limité son développement dans cette direction. La ville d'Arles est fortement marquée par la présence du Rhône qui coupe la ville en deux et qui reste encore même de nos jours, une menace lors des crues.
La commune d'Arles est la plus étendue de toutes les communes de France métropolitaine. Avec environ 759 km², elle est plus étendue que le Territoire de Belfort (102 communes), et autant que Paris et les trois départements de sa proche banlieue réunis (124 communes).
Son territoire comprend trois espaces naturels remarquables :
Outre la ville proprement dite, au nord de la commune, Arles inclut de nombreux bourgs et hameaux éloignés, notamment Salin-de-Giraud et Raphèle-lès-Arles ainsi que Moulés et Mas Blanc.
Arles est soumis au climat méditerranéen avec une longue période estivale, chaude et sèche, des hivers doux, un ensoleillement important et des précipitations irrégulières. Son climat comporte des particularités liées à la situation géographique de la ville au sud du couloir rhodanien entre Cévennes et Alpes du Sud. Ainsi les automnes, et dans une moindre mesure les périodes avril-début mai, sont arrosés avec des précipitations brèves mais conséquentes et les hivers parfois rigoureux à cause du Mistral, vent violent et froid qui donne aux paysages arlésiens leur luminosité exceptionnelle.
Les pluies méditerranéennes sont liées à des dépressions qui se forment sur le golfe de Gênes ou au large des Baléares. Des vents d'Est à Sud-Est chauds, chargés d'eau puisque traversant la Méditerranée, rencontrent l'obstacle des Cévennes, ou moins souvent, des Alpes, s'élèvent au contact de l'air froid d'altitude en cumulo-nimbus parfois énormes et éclatent en orages brutaux. Ces orages, qui se produisent généralement en automne, peuvent provoquer des précipitations de 200 mm par jour et parfois plus. La pluviométrie mensuelle présente également une grande variabilité. La localisation des pluies varie selon l'implantation respective de l'anticyclone et de la dépression et leur intensité dépend du volume de nuages créé par l'humidité des vents et bien sûr des différences de températures.
En hiver les températures descendent fréquemment sous zéro sur des périodes pouvant dépasser parfois plusieurs semaines. On peut rappeler les hivers 1956, 1962-63, 1985-86 avec des records autour de '15°.
Tout en subissant de nombreux plans d'urbanisme, de l'antiquité à l'époque contemporaine, le centre ville de la cité, fixé géographiquement dès la fin du XIIe siècle, a su conserver une richesse patrimoniale qui en fait un des lieux touristiques les plus fréquentés de Provence. Les quartiers phériphériques de la cité plus récents, hormis celui de Trinquetaille, reflètent les aménagements entrepris aux XIXe et XXe siècles et les transformations sociales de la cité..
Le Haut Moyen Âge est une période d'insécurite et d'épidémies. La cité se réorganise dans une enceinte réduite en exploitant comme carrières les monuments de la ville et en transformant l'amphitéâtre en place forte lotie.
La fin du Xe siècle marque le début d'un renouveau économique au cours duquel Arles va se développer hors de ses murailles; de nouveaux quartiers appelés bourgs se construisent ainsi à proximité immédiate de la ville qui va à la fin du XIIe siècle les intégrer dans de nouveaux remparts entourant une cité agrandie, dont les limites sont encore visibles de nos jours au travers des vestiges de l'enceinte médiévale et des boulevards entourant la vieille ville. La fin du XIIe siècle se caractérise également par un embellissement urbain avec de nombreuses églises romanes.
Après l'installation de la première dynastie Angevine en Provence (1250), le déclin politique (au profit d'Aix, capitale du Comté), économique (concurrence de Marseille), ecclésiastique (Arles devient une succursale de la papauté installée à Avignon) de la cité et surtout la terrible peste de 1348 qui tue plus du tiers des arlésiens stoppent brutalement le développement de la communauté. Pendant plus de deux siècles, la ville va vivre enfermée dans ses murs avec comme principales préoccupations urbanistiques, l'amélioration du bâti religieux et l'entretien des remparts sollicités jusqu'aux Guerres de Religion.
La ville se transforme initialement dans la qualité du bâti et le réaménagement du centre ville :
À compter de 1679, une politique d'alignement est entreprise par les consuls. Cette politique d'alignement qui se poursuit jusqu'à la Révolution, modifie considérablement l'aspect du centre-ville.
A la date du 29 avril 2003, les projets définis par la municipalité s'articulent autour d'une meilleure adaptation de la cité aux voies de circulation automobiles, d'un développement des activités et des zones d'habitation, et d'une amélioration des équipements. On peut citer ainsi :
On distingue traditionnellement les quartiers de la vieille ville, c'est-à-dire ceux situés à l'intérieur de l'enceinte médiévale, des quartiers périphériques pour la plupart d'un développement plus récent.
Au nord : les quartiers du Trébon et de Montplaisir
Le Trébon[3], au nord d'Arles, est dès l'antiquité une terre agricole. Au XIIe siècle, il s'urbanise à proximité immédiate de la ville et bénéficie au XVIIe siècles des travaux d'assèchement du hollandais Jean Van Ens. Le quartier se peuple ensuite lentement et ce n'est qu'après 1960 que le quartier trouve sa physionomie résidentielle actuelle, avec un important parc d'habitat collectif.
Le quartier voisin de Montplaisir, situé au nord-est d'Arles, a lui aussi connu un développement relativement tardif, essentiellement rural. Il n'est loti qu'à partir du début du XXe siècle, principalement avec de nombreuses résidences pavillonnaires et doté dans les années 1960, de plusieurs équipements (église, école, cimetère).
Aujourd'hui, ces deux quartiers sont complétés au nord de l'agglomération par une vaste zone industrielle. Au recensement de 1999, avec plus de 9 000 habitants, ils représentent environ un quart de la population urbaine de la commune d'Arles.
A l'ouest, sur la rive droite du Grand Rhône, à la tête du delta et de la Camargue.
Les campagnes arlésiennes sont très étendues et représentent la majeure partie du territoire communal. Elles sont organisées en quatre ensembles naturels bien distincts :
Les Alpilles arlésiennes, qui correspondent au sud de ce petit massif, commencent à partir du monastère de Montmajour, bâti sur un ilôt surplombant une plaine marécageuse asséchée à plusieurs reprises sous les romains, au Xe siècle puis au XVIe et XVIIe siècles et enfin au XIXe siècle. Elles longent du nord à l'est, les villages de Fontvielle, avec le moulin de Daudet, du Paradou, de Maussane-les-Alpilles et de Mouriès.
Il s'agit essentiellement d'une zone rocailleuse vallonnée avec un habitat clairsemé, principalement orientée vers le tourisme et des productions agricoles comme les plantations d'oliviers.
La Crau est une zone alluviale constituée par la Durance avant que celle-ci ne soit capturée par le Rhône vers 70000 av JC, située à l'est d'Arles et s'étend jusqu'à l'étang de Berre.
La Camargue arlésienne, terre deltaïque, dépend administrativement du canton-ouest de l'arrondissement d'Arles. Elle s'étend environ sur 40.000 hectares du nord au sud-est du delta du Rhône et sur la rive gauche du Grand-Rhône. Elle est limitée au nord et à l'ouest par le Petit-Rhône, au sud par la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, le Vaccarès, la Méditerranée et la commune de Fos et à l'ouest par le canton-est d'Arles (la plaine de la Crau). Elle comprend les villages de Gimeaux, Saliers, Albaron, Le Paty, Gageron, Mas-Thibert, le Sambuc et Salin-de-Giraud.
Véritable île, seuls cinq ponts et un bac la relient au Languedoc et au reste de la Provence : le pont de Saint-Gilles, les deux ponts de Fourques et les deux ponts d'Arles au nord, et le bac de Barcarin au sud.
La Camargue arlésienne est structurée du nord-ouest au sud-est en fonction de la nature des terrains et de leur salinité. On trouve ainsi des terres céréalières, maraichères et d'élevage, des rizières, des zones marécageuses et des salins.
Des efforts sont faits pour labelliser et qualifier les productions de Camargue. L'AOC Taureau de Camargue reconnaît la qualité de la viande des taureaux élevés dans le delta. Malgré les difficultés récentes, la filière riz (11.200 ha sur la commune d'Arles en 2003) se développe grâce à une nouvelle usine réalisée par Sud Céréales en 2005.
L'avenir économique de cette région dépend de l'aménagement de la Camargue : la gestion des ressources, notamment de l'eau douce du Rhône entre des acteurs aux intérêts parfois opposés (producteurs de riz et exploitants des salins, par exemple), en sera un défi majeur.
L'économie arlésienne, favorisée dès l'Antiquité par la proximité du Rhône puis par la ligne ferroviaire Paris-Lyon-Marseille (PLM) créée au milieu du XIXe siècle, n'a pas bénéficié dans les années 1960 des grandes politiques d'aménagement comme Fos à l'est et le littoral languedocien à l'ouest. De plus, elle reste à l'écart du nouveau tracé TGV Paris-Marseille qui passe par Aix. Toutefois, située au carrefour des axes rhodanien et méditerranéen, la ville offre un potentiel très diversifié à conforter.
Arles, troisième ville des Bouches-du-Rhône, n'est avec 18.640 emplois[8] que le cinquième pôle d'emploi du département. Les emplois arlésiens sont en grande majorité des emplois de services : les services représentent en effet plus de 75% des emplois. L'agriculture intensive et l'industrie en difficulté n'offrent de leur côté qu'un peu plus de 4.000 emplois salariés. Depuis 1999, l'emploi salarié privé progresse plus rapidement.
Dans le cadre de son développement, Arles a participé en janvier 2004 à la création de la Communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette. Cette communauté peuplée de 75.939 habitants (recensement 1999) regroupe outre Arles, 4 autres communes : Boulbon, Saint-Martin-de-Crau, Saint-Pierre-de-Mézoargues et Tarascon.
L'agriculture de la commune d'Arles constitue un support pour de nombreuses activités industrielles. Elle bénéficie de conditions climatiques exceptionnelles (300 jours d'ensoleillement annuel) et d'un savoir-faire hérité d'une longue tradition.
Elle se caractérise par la traçabilité de sa production (ce qui lui permet d'être dès aujourd'hui en phase avec les attentes des acteurs de la chaîne alimentaire soucieux de sécurité), le choix de la productivité avec des cultures intensives en Camargue, au nord de la cité entre Arles et Tarascon et en Crau du côté de Saint-Martin-de-Crau et le choix de la qualité par des AOC (Foin de Crau, Taureaux de Camargue) et une IGP (Riz de Camargue).
Elle s'organise principalement autour des productions suivantes : les fruits et légumes, le riz et les céréales, le foin de Crau, la viande (taureaux, ovins), la transformation et la conservation.
Arles dans le cadre de la Communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette propose également des productions agricoles complémentaires telles que celles associées aux olives (olives, huiles) ou à la vigne de la vallée des Baux.
Les activités industrielles d'Arles qui représentent environ 2.000 emplois salariés concernent principalement les secteurs de la chimie, des construction mécaniques, de la papeterie et des industries alimentaires.
Les services représentent la majorité des emplois. Sous-préfecture, la ville offre plus de 2.600 emplois dans l'administration, et 4.300 dans l'éducation ou la santé. En tant que ville touristique, elle bénéficie également d'un équipement commercial conséquent qui propose plus de 2.700 emplois. Enfin presque 4.900 emplois sont liés aux autres services marchands : assurances, banques, activités immobilières'
Arles est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie du Pays d'Arles. Elle gère le port fluvial d'Arles ainsi que le Palais des Congrès.
Voir analyse INSEE de 1999
En 1999, le recensement INSEE montre que la ville d'Arles est légèrement plus féminisée et plus agée que la moyenne nationale (respectivement 51,8% de femmes contre 51,4% et -8,8% de plus de 75 ans / 14,6% entre 60-74 ans- contre -7,7% de plus de 75 ans / 13,6% entre 60 et 74 ans-).
La population active ayant un emploi s'élève à 17.057 dont 7.320 femmes, ce qui montre un emploi fortement féminisé. Ces emplois situés à 78% dans la commune correspondent essentiellement à des emplois salariés (14.563). Globalement la population active ayant un emploi, et ce dans toutes les catégories, a diminué entre 1990 et 1999. En ce qui concerne les modes de transport, les arlésiens privilégient la voiture particulière (13.095), la marche à pied (1.861) et les deux roues (981). Un nombre important d'arlésiens (977) travaille sur le lieu même de leur résidence.
/' voir aussi structure socio-culturelle, niveau de formation .../
Contrairement à certaines agglomérations voisines, la population d'Arles est restée pratiquement stable depuis 1975, reflétant ainsi la relative stagnation économique de la cité.
Occupé dès le Xe siècle av. J.-C. par les Ligures, puis après la première migration celte par les Celto-Ligures, le site d'Arles est fréquenté par des commerçants méditerranéens, Rodiens, Phéniciens et Etrusques.
Avec la fondation de Marseille (600 av. J.-C.), les contacts commerciaux se transforment vers la fin du Ve siècle av. JC; la ville s'organise ainsi d'abord en emporion grec puis en colonie appelée Théliné[9].
Au cours de la première moitié du siècle, quelques éléments archéologiques laissent supposer un nouveau repliement de l'habitat à la suite de plusieurs révoltes salyennes matées par Marseille et Rome.
Dès le début du Ie siècle, Strabon signale le rôle commercial de la cité[12] et un peu plus tard Pline l'Ancien[13] mentionne Arelate Sextanorum (Arles colonie des Sextaniens). Une voie romaine, déjà construite, unit Arles à Vienne et Lyon. La ville bénéficie d'un nouveau plan d'aménagement urbain à la fin du Ier siècle en raison de expansion de la cité liée au développement économique et commercial. Ce nouveau projet nécessite la modification du tracé nord de la première enceinte romaine pour permettre la construction des arènes.
Au siècle suivant (IIe siècle), la ville s'agrandit à nouveau avec la construction du cirque romain, un remodelage du c'ur de la cité, le percement du rempart sud dans le prolongement du cardo et à Trinquetaille, sur la rive droite du Rhône, la transformation de la zone d'occupation limitée du Ier siècle en un vaste quartier résidentiel doublé d'un quartier artisanal et commercial. Arles est aussi le siège de l'importante corporation des nautes et le centre d'une région agricole céréalière qui exporte ses blés à Rome.
Le développement urbain ne reprend que sous Constantin, avec une nouvelle croissance politique et administrative. Au début du IVe siècle, la cité devient une résidence appréciée de Constantin qui y réside à plusieurs reprises et qui envisage un moment d'en faire une capitale d'Empire[18]. Ayant reconnu la religion catholique[19], cet empereur organise un concile dans la cité[20], le 1er août 314 pour y faire condamner le donatisme. Un autre suit en 353, à l'instigation de son fils Constance II, qui consacre le triomphe temporaire de l'arianisme. C'est de cette époque que datent les premiers sarcophages paléo-chrétiens arlésiens[21]. La ville est prospère notamment par son commerce comme le souligne le poète Ausone[22].
A la fin de ce siècle (ou au début du Ve, selon d'autres sources), les Romains en font le siège de la préfecture du prétoire des Gaules qu'ils rapatrient de Trèves trop exposée sur les marches de l'Empire.
En 395 ou plus probablement en 407[23], l'administration impériale déplace la préfecture du prétoire des Gaules située jusque alors à Trèves sur Arles. La cité provençale connaît en conséquence une véritable renaissance un siècle exactement après Constantin Ier. Toutefois, cette prospérité n'exclut pas les menaces d'invasions. Ce double aspect militaire et politique marque le Ve siècle arlésien.
Arles est successivement la résidence de l'usurpateur Constantin III de 407 à 411, puis du patrice Constance qui s'empare de Constantin III après un siège de trois mois[24]. Constance réside dans la cité jusqu'en 414, en relation avec la présence des Wisigoths[25].
La présence des Wisigoths installés en Aquitaine depuis 418[28] est une menace permanente pour la cité. Ayant déjà subi des assauts en 425[29] puis en 430, Arles est à nouveau menacée en 453[30]. Entre temps, au printemps 451, Aetius s'attarde dans la ville pour obtenir des renforts avant d'affronter Attila[31].
Cette fin de siècle est marquée par le déclin d'Arles qui a vu ses campagnes dévastées et qui perd son rôle de capitale régionale au profit de Marseille qui connaît un regain d'activité[37]. La ville d'Arles et la Provence occupent ainsi sur le plan politique une position moyenne, voire de faiblesse. Affaiblies et représentant l'accès à la Méditerranée, elles deviennent ainsi un objet de convoitise pour leurs voisins du nord.
Lors de cette seconde tentative, la cité assiégée est secourue par les Ostrogoths de Théodoric le Grand. Après la libération de la ville, le roi Ostrogoth ravitaille les habitants, finance la restauration des remparts et prend la cité sous sa protection.
Malgré les conflits entre les descendants de Clovis, des liens particuliers sont alors établis entre la royauté et l'évêché; il faut se rappeler en effet que la désignation des évêques par les rois mérovingiens est devenu la règle au milieu du VIe siècle. Ainsi, en 548, le pape Vigile (537 à 555) à la demande du roi Childebert Ier nomme Aurélien vicaire du Saint Siège dans les Gaules et lui accorde le pallium. La même année (d'autres sources indiquent 547), Aurélien fonde à Arles un monastère pour hommes sur ordre du roi Childebert. Ce monastère intra-muros, dénommé des Saints-Apôtres, est à l'origine de l'église Sainte-Croix dans le Bourg-Vieux. Toujours à la même époque un concile est tenu à Arles, le 28 juin 554 sous la direction de l'évêque Sapaudus, au cours duquel l'église Notre-Dame est consacrée. C'est à Arles aussi que, vers 567, une épouse de Gontran roi de Bourgogne (561-591), est enfermée chez des moniales arlésiennes.
La fin du siècle est connue grâce en particulier aux échanges épiscolaires de l'évêque Virgilius d'origine bourguignonne qui succède à Licerius en 588.
Finalement au cours de ce siècle, la ville d'Arles se replie sur elle-même. Dès les années 550, on constate la disparition de l'habitat extra-muros avec deux causes probables : la recherche d'un refuge à l'intérieur d'une enceinte réduite plus sûre et/ou la chute démographique induite par la peste. En tout cas, ces troubles et cette diminution de population ruinent l'agriculture arlésienne et la famine règne. La vocation défensive de la cité devient aussi primordiale. Ainsi, à la fin du VIe siècle, Arles et son territoire entrent dans une période difficile.
En réalité, les informations disponibles sont très fragmentaires; par exemple on ne connaît aucun évêque d'Arles entre 683 (Wolbertus, mentionné en 683) et 788 (Elifant, 788-794').
Et pourtant, en ce début de siècle, les côtes de Septimanie et Provence commencent à se doter de défense contre les pirates par la construction de tours ou d'églises forteresses comme aux Saintes-Maries-de-la-Mer, à l'embouchure du Rhône de Saint-Ferréol. Mais c'est surtout après la mort de Charlemagne et plus précisément à la fin des années 820, que l'histoire d'Arles va s'inscrire dans le processus de désagrégation de l'Empire carolingien avec la désorganisation du pouvoir civil, les troubles et les invasions.
Après le traité de Verdun (843), la Provence passe sous l'autorité de Lothaire Ier et de ses représentants. On connaît ainsi les ducs ou comtes : Audibert en 845, puis Fulcrad qui tente la même année une sécession de la Provence avec la participation probable des Arlésiens, et à nouveau Audibert en 850. Cette année-là, Arles est à nouveau attaquée; mais contrairement à 842, elle se défend avec succès et massacre les barbaresques dans leur fuite.
En cette milieu de siècle, nous avons des témoignages que la ville d'Arles malgré ces évènements est encore prospère et possède un port actif. Le diacre Florus qui écrit peu après 843, parle en effet d' Arelas optima portus (Arles, riche port). De même quelques années plus tard vers 860-870, le géographe arabe Ibn Khordadbeh dans son livre des Routes et des Royaumes évoque les marchands juifs qu'il appelle Radhanites et qui à partir des ports du pays franc se dirigent vers le Moyen-Orient, emportant des marchandises d'origine septentrionale (esclaves, épées et peaux) pour ramener des épices.
En 855 à la suite décès de Lothaire Ier, le partage de son royaume donne naissance à la Provence (royaume incluant le Lyonnais, la Viennoise et la Provence proprement dite) dévolue à Charles, le plus jeune de ses fils. De santé fragile, Charles laisse l'administration de son royaume à Girart de Roussillon qui joue le rôle de régent. La cour réside à Vienne qui devient ainsi la capitale de ce Royaume au détriment d'Arles jusqu'au début du Xe siècle.
C'est à cette époque (859) que les Normands, de passage en méditerranée, dévastent le territoire d'Arles à défaut de la cité. Ayant hiverné en Camargue lors de hiver très rigoureux de 859/860, ils remontent au printemps le Rhône avant d'être défaits par Girart de Roussillon probablement au niveau de Valence, et continuent ensuite leur raid vers l'Italie. Les Annales de Saint-Bertin précisent : en 859, les pirates de mer danois cinglèrent longuement entre Espagne et Afrique et pénétrèrent de force dans le Rhône. Après avoir ravagé plusieurs villes et monastères, ils s'installèrent dans l'île Camargue' En 860, les mêmes Danois parvinrent en pillant jusqu'à la ville de Valence et ayant tout ravagé alentour revinrent dans l'île 'de Camargue' qu'ils occupaient.
À la mort de Charles (863), la partie sud de son royaume, c'est-à-dire la Provence limitée aux territoires d'Arles, Aix et Embrun, revient à Louis II le Jeune empereur et roi d'Italie. Sous cette nouvelle autorité, on ne connaît aucun comte de Provence et à Arles le pouvoir semble alors exercé par les évêques qui sont amenés à prendre la défense de la population. Ainsi l'archevêque Roland (852-869) fait fortifier le théâtre et intervient dans les campagnes. Lors d'une razzia en Camargue en septembre 869, les Sarrasins le surprennent en train de superviser la mise en défense de la région. L'évêque fait prisonnier, est échangé contre des armes, des esclaves, et autres richesses. Malheureusement, les Arlésiens ne récupéreront que son cadavre, habillé et mis sur un siège par les barbaresques au moment de la remise de rançon (probablement organisée sur la plage des Saintes-Maries-de-la-Mer, à l'embouchure du Rhône de Saint-Ferréol, bras actif et encore navigable à cette époque).
Le 15 octobre 879, Boson poussé par sa femme Ermengarde s'ur de Charles et profitant de l'insécurité qui règne dans la Provence rhodanienne, entre en rébellion contre les successeurs carolingiens constestés Louis III et Carloman II; il se fait sacrer Roi de Provence dans son château de Mantaille avec l'appui des grands, de l'archevêque de Vienne et celui minoritaire des évêques provençaux. En effet, seuls trois prélats, dont Rostaing archevêque d'Arles, sur vingt-trois (dont onze présents) soutiennent cette prise de pouvoir ce qui souligne l'engagement fort, dès cette époque, de l'épiscopat arlésien auprès des princes bourguignons. Boson établit sa capitale à Vienne.
Toutefois, la tentative tourne rapidement à l'échec et le parti carolingien récupère la Provence, par Carloman après la prise et le pillage de Vienne en octobre 881. Carloman laisse comme trace de son autorité, quelques deniers frappés à Arles. Mais dans cette période troublée, les Sarrasins toujours présents et opportunistes, pillent à nouveau la cité, ou du moins ses faubourgs, peu de temps avant 883.
A la mort de Carloman (884), l'autorité de Charles le Gros s'étend à la Provence; Boson rentre en grâce et s'éteint à Arles peu après, le 11 janvier 887. Sa femme, Ermengarde, est alors nommée régente du royaume de Provence avec l'aide de Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier, le frère de Boson. En mai 887, elle conduit son fils, le futur roi de Provence Louis III l'Aveugle auprès de l'empereur Charles III le Gros pour qu'il l'adopte, ce qu'il fait.
En 890, Louis III est proclamé roi de Provence; il réside à Vienne et entreprend au début de son règne (896) quelques tentatives contre les Sarrasins qui continuent à dévaster la Provence. Il se décharge ensuite sur le comte Thibert de l'administration de son royaume, notamment lors de ses expéditions en Italie. Thibert intervient dans plusieurs cités, en particulier à Arles, puis on perd sa trace vers 910 (un de ses fils toutefois pourrait être à l'origine de la famille des vicomtes de Marseille).
L'histoire de la première moitié du Xe siècle est marquée par Hugues d'Arles, comte d'Arles et de Vienne, successeur du comte Thibert et cousin du roi Louis III. En 911, il s'installe à Arles dont il fait, malgré les conflits initiaux avec l'aristocratie locale (911-920) et ses activités en Italie, la capitale de son royaume.
Dès les premières années du XIe siècle, les comtes Guillaume et Roubaud de Provence ne sont plus en mesure de tenir les grands lignages en respect. Dès 1008, à la mort de Roubaud, s'ouvre donc une période de troubles : les deux branches de la famille comtale sont alors représentées par des filles ou des garçons en bas âge; et les conseils de régence sont rapidement dépassés par les évènements.
En septembre 1032 à la mort de Rodolphe III de Bourgogne, Arles qui fait partie du Royaume de Bourgogne depuis 934 est rattachée à l'Empire. Cette situation ne change rien : les empereurs germaniques non possessionnés en Provence ne disposent malgré leur titre d'aucun pouvoir supplémentaire. Toutefois des liens sont établis entre l'Empire et Arles. Par exemple, en 1046 l'archevêque d'Arles Raimbaud (1030-1069) agit en prélat du Saint'Empire : il participe au concile de Sutri et assiste à Rome, au couronnement de l'empereur Henri III qu'il rencontre personnellement. L'archevêque devient en quelque sorte le vicaire de l'Empereur à Arles. Les Arlésiens vont par la suite profiter de cette situation jusqu'au milieu du XIIIe siècle (mort de Frédéric II) pour jouer l'empereur distant contre le comte relativement trop présent.
La papauté de son côté, va instrumentaliser une réforme, la réforme grégorienne, pour en faire le vecteur d'une politique visant directement l'archevêque d'Arles et de manière plus subtile, le comte de Provence.
En réaction à cette violence, l'Église tente de promouvoir la paix de Dieu. En 1037 et 1041, les conciles tenus à Arles présidés par Raimbaud de Reillanne, archevêque d'Arles (cf. conciles d'Arles), précisent les règles de la Paix de Dieu : les chevaliers ont interdiction de faire la guerre, d'abord le samedi, puis du mercredi soir jusqu'au lundi matin. Raimbaud de Reillanne est le seul prélat arlésien du XIe siècle qui affirme encore la primauté de son siège sur les autres diocèses provençaux. Il sera également un promoteur actif de la réforme grégorienne en Provence tout en ménageant jusqu'à la fin de sa vie les grandes familles aristocratiques de Provence.
Dans le cadre de cette réforme, le Saint-Siège essaye aussi d'éliminer les prélats issus des grandes familles provençales qui ont tendance à mener une politique personnelle plus dans l'intérêt du patrimoine familial que de celui de l'Église. En Provence, cette politique se radicalise après l'archiépiscopat de Raimbaud. Le cas d'Aicard, archevêque de la ville, de la famille des vicomtes de Marseille, qui a pris parti pour l'empereur Henri IV contre le pape Grégoire VII dans la Querelle des Investitures à la fin des années 1070, en est un bon exemple. En l'espèce à Arles, cette tension d'ordre religieux se double d'un problème politique entre le comte et l'archevêque qui à cette époque est aussi un seigneur féodal.
La cité va être au cours de ce siècle l'objet d'un mouvement d'émancipation urbaine, l'un des plus anciens de Provence. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte d'une grande instabilité politique.
Probablement à l'initiative de l'Église qui profite de l'absence de la maison de Toulouse (avec qui elle est plus ou moins en conflit, cf. affaire de l'archevêque d'Arles Aicard), le comté de Provence passe en 1112, par le jeu d'un mariage et de donations, de la comtesse Gerberge de Provence à Raimond Berenger, comte de Barcelone et époux de sa fille aînée Douce. C'est le début officiel de la deuxième dynastie des comtes de Provence. Toutefois cette transaction est contestée et dès le début du siècle, entre 1110 et 1125, la Provence est déchirée par la rivalité entre les différents comtes qui peuvent prétendre au comté par la branche féminine (comtes d'Urgell, de Barcelone et de Saint-Gilles). Ce conflit oblige chacun à se prononcer sur son camp en tenant compte de ses intérêts (impacts de la réforme, politique patrimoniale') :
Finalement un accord est signé le 15 septembre 1125 [53]. Ce traité qui partage la Provence en un marquisat au Nord attribué à Alphonse Jourdain (comte de Toulouse) et un comté au Sud, dont Arles est la capitale, revenant à Raimond Bérenger (Comte de Barcelone), n'inaugure toutefois pas une période de calme. Désormais les comtes de Toulouse, soutenus par les Baux qui ont changé d'alliance, et de Barcelone-Provence saisissent toutes les occasions pour améliorer leurs positions respectives. Ce jeu d'intrigues et de compétition va être la raison de chocs ininterrompus d'autant plus que la capitale de la Provence, Arles, se trouve elle-même dans une situation politique instable. La ville en effet est découpée en quartiers appartenant à des seigneurs féodaux (archevêque, familles aristocratiques, comte de Toulouse) différents, souvent en conflit, mais unis objectivement dans le refus de laisser le comte de Provence devenir possessionné dans la cité.
La mort de Raimond-Berenger, le 19 juillet 1131 affaiblit la maison de Barcelone et donne l'impulsion supplémentaire nécessaire dans la cité d'Arles à la création dès 1131 d'un consulat. Les Arlésiens s'inspirent des villes italiennes Pise et Gênes dont les marchands fréquentent leur port, et de leur voisine Avignon qui a instauré un consulat deux ans plus tôt.
Le rôle grandissant des Arlésiens est ainsi consacré par l'apparition d'un consulat de caractère aristocratique avec le soutien (opportuniste ') de l'archevêque d'Arles, Bernard Guerin (1129-1138). Quelques années plus tard en 1150, ce consulat est renforcé par une charte de l'archevêque Raimon de Montredon (1142-1160), prélat d'origine languedocienne qui manifeste une neutralité bienveillante vis-à-vis d'Alphonse Jourdain dans le conflit opposant les maisons d'Aragon et de Toulouse. Toutefois en 1156 (ou en 1150 '), on signale une révolte de la ville d'Arles contre son archevêque, sans très bien en connaître les détails et les raisons. Quoi qu'il en soit, les premiers statuts de ce consulat sont rédigés dès les années 1160.
'(1165-1180) / à faire : paix de J. 1176
Dans ce contexte de faiblesse des comtes, Frédéric Ier Barberousse (1122-1190), empereur germanique depuis 1155 et suzerain de la Provence souhaite reprendre le vieux titre de Roi d'Arles et rappeler ainsi son autorité. Il confirme alors de nombreux privilèges de l'Église d'Arles, intervient diplomatiquement dans les guerres Baussenques et se fait couronner le 31 juillet 1178 dans la basilique Saint-Trophime par l'archevêque Raimond de Bollène (1163-1182) en présence de tous les grands du royaume à l'exception notable du comte de Provence et de Barcelone.
Cause ou conséquence, c'est à cette époque, vers 1180, que les comtes de Provence délaissent Arles et s'installent à Aix et que la cité se dote d'un gouvernement connu dans l'histoire sous le nom de République d'Arles (1180-1251) à l'instar des villes italiennes avec qui la cité entretient de nombreuses relations.
'(1180-1200) / à faire : avant et après 1190, mort de F Barberousse
Sur le plan économique, au XIIe siècle, le port d'Arles est actif comme en témoignent les épisodes de la guerre maritime et les statuts de la ville.
Le mouvement d'émancipation qui a miné le pouvoir politique de l'archevêque et menacé celui du comte de Provence à la fin du XIIe siècle va se poursuivre jusqu'au milieu du siècle suivant dans un contexte différent avec de nouveaux belligérants. Il s'agit principalement des nouvelles familles aristocratiques arlésiennes, des seigneurs du nord attirés par les terres méridionales, des rois de France avec leurs ambitions sur l'Aquitaine et la Provence, de la maison de Toulouse, de l'empereur germanique et des papes confrontés à l'hérésie cathare. Sur le plan local, s'y rajoute le problème récurrent du pouvoir urbain entre les grandes familles, le comte et l'archevêque, problème qui se complique avec les aspirations politiques et économiques des classes arlésiennes.
La cité connaît donc dès le début du XIIIe siècle une série de troubles urbains qui vont opposer progressivement l'ensemble de ces protagonistes, anciens et nouveaux, au gré d'alliances fluctuantes et du sort des armes :
En 1214, Hugues des Baux s'allie à Nuno Sanche et à Bertrand Porcelet contre la ville d'Arles. Le patriciat est en effet opposé à toute forme d'intervention de l'Eglise dans le gouvernement urbain. Il est particulièrement sensible à l'exemple fourni par le consulat de Saint-Gilles en pleine décadence sous l'influence de l'abbé et encouragé par l'émancipation de Marseille contre son évêque. Après le concile de Latran de 1215 où Guilhem Porcelet conseille le comte Raimon VII de Toulouse, les Porcelet participent au siège de Beaucaire et à la reconquête de la Basse Provence par la maison de Toulouse en 1216. Ils ne parviennent cependant pas à rallier les arlésiens à la cause du comte de Toulouse et à les détacher de leur fidélité à leur archevêque. En effet à la suite de rapports conflictuels entre le patriciat et les autres classes arlésiennes l'archevêque essaye de tirer partie de ces dissensions et y réussit.
En 1217, le nouveaux consuls élus font allégeance à l'Eglise. Toutefois, le conflit avec le parti aristocratique risque d'être une aubaine pour les puissances extérieures à la cité, en particulier pour le comte de Provence. Ce dernier entreprend en effet de réduire l'autonomie des familles aristocratiques de Provence.
Cette nouvelle situation est une aubaine pour les puissances extérieures ; l'empereur Frédéric II la saisit en premier en désignant dès novembre 1237 un vicaire impérial, puis en 1238 en nommant Béroard de Lorette, vice-roi du royaume impérial avec Arles comme résidence.
/ à compléter '/ '
La convention passée entre le comte et la ville en avril 1251, marque l'entrée de la ville dans une nouvelle phase de son histoire placée sous le double signe de la soumission à la nouvelle dynastie comtale (3ème dynastie comtale de Provence ou Ière dynastie d'Anjou des comtes de Provence) et de la défense de ses privilèges. Le nouveau comte fait procéder à l'examen des droits de propriété et met en place une administration tatillonne.
A Arles, l'administration comtale siège au Palais du Podestat, au c'ur de la Cité. Comme dans tous les chefs lieux de Viguerie, on trouve à la tête de cette administration le viguier, c'est-à-dire le représentant du comte qui :
En 1251, le comte a tout et la ville n'a rien si ce n'est quelques privilèges. Les arlésiens entendent toutefois qu'ils soient respectés, notamment dans dans les domaines suivants : les qualifications des officiers royaux, le bon fonctionnement de la justice, la protection du territoire communal, la conservation des avantages fiscaux acquis, le statut des juifs locaux,' . Ces privilèges sont soigneusement consignés dans les statuts de la ville et aprement défendus chaque fois que les officiers comtaux ne les respectent pas.
Mais la Provence n'est qu'une étape pour l'ambitieux comte Charles. Une fois son pouvoir affermi, il se lance en 1266 à la conquête du royaume de Naples grâce au soutien de la noblesse provençale au sein de laquelle la famille des Porcellets se distingue. /voir impact de l'aventure italienne pour Arles/
Jacques de Molay, le grand Maitre des Templiers tient une réunion de l'ordre à Arles en 1296
Au début du XIVe siècle, la ville d'Arles accueille les juifs chassés du Languedoc. Le Rabbin et philosophe juif averroïste Joseph ibn Caspi (Yossef ibn Kaspi ou Yossef Kaspi) ben Abba Mari, (1279, L'Argentière - 1340) également connu sous son nom provençal de Sen Bonfos ou Don Bonafoux de l'Argentière, s'intalle ainsi en Provence d'abord à Tarascon en 1306 puis à Arles en 1317. D'après Louis Stouff, la ville aurait alors compris environ 250 feux, chiffre qui ne sera jamais plus égalé et qui restera le plus important dans l'histoire d'Arles [57].
Pour l'archevêché d'Arles, le XIVe siècle n'est pas plus favorable que le XIIIe : recul démographique affectant les clercs et entraînant la disparition de paroisses urbaines, destruction des églises du faubourg, et surtout installation de la papauté à Avignon (1309). Les prélats arlésiens sont peu présents dans leur diocèse et Arles cesse d'être la résidence de ses archevêques.
En 1365, le 4 juin, Charles IV roi de Bohême se fait couronner comme son prédécesseur Frédéric Barberousse, roi d'Arles à la cathédrale Saint-Trophime.
Le 14 novembre 1396 une crue du Rhône, signalée par le chroniqueur arlésien Bertrand Boysset noie les bas quartiers de la ville (la Roquette) sous deux mètres d'eau : ' il y eut un grand déluge d'eau du Rhône et des marais' et noya Montlong, La Cape, la Haute-Camargue et les marais salants de Peccais' (A Arles) L'eau monta du lundi soir au mardi à l'heure de tierce, de onze palmes de hauteur'(soit environ 2,20 m). J'ai eu tant d'eau dans ma maison que cela recouvrait les six premières marches de l'escalier ' .
Sous l'archiépiscopat d' Eustache de Lévis (1475-1489), le climat entre les communautés chrétiennes et juives se dégrade et les tensions aboutissent au sac de la juiverie d'Arles en juin 1484.
En 1483, Arles, Terre Adjacente de Provence, est réunie avec celle-ci au Royaume de France peu de temps après la mort du Roi René (1481), son dernier comte.
En 1497, la place située devant Saint-Trophime est agrandie.
L'annexion d'Arles au Royaume de France se fait sans difficulté et quelques années plus tard, en 1536, les Arlésiens témoignent de leur attachement à leur récente patrie en arrêtant la seconde invasion de la Provence conduite par Charles-Quint.
Toutefois ces heures heureuses pour la cité s'achèvent au début des années 1560. En effet, la fin du siècle est marquée par des épidémies de peste[61] et des inondations. A ces calamités naturelles se rajoutent les guerres de religion[62]. Ces temps de troubles religieux et politiques, ponctués par la visite royale de Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis en automne 1564[63], ne prendront fin qu'avec l'abjuration et surtout le couronnement d'Henri IV, le 27 février 1594.
Après toutes ces épreuves la situation financière d'Arles est catastrophique : fortement endettée la cité doit dès lors se résoudre à vendre une partie des biens communaux.
Au début XVIIe siècle, la ville est toujours dans son enceinte qui est restaurée en raison des conflits de religion latents en Provence et Languedoc. Une extension importante des remparts est même envisagée, mais le projet est stoppé par Henri IV en 1608.
Après 1625, des conditions climatiques favorables et un Rhône clément permettent un accroissement de la production agricole; ces conditions relancent l'idée de l'assèchement des marais, jugés terres improductives et pathogènes. Une convention est ainsi passée le 16 juillet 1642, entre les consuls, une association et Jean Van Ens, ingénieur hollandais, pour le dessèchement des terres marécageuses. Malheureusement, une conception insuffisante, des conflits locaux et une recrudescence des crues entraînant des coûts d'entretien trop importants vont ruiner le succès initial de l'entreprise.
Déchue de toute ambition politique au profit d'Aix, Arles ne brille plus que par l'éclat de son archevêché. L'élan pastoral impulsé par le Concile de Trente est relayé dans la cité par des archevêques actifs. Il en résulte une multiplication de congrégations religieuses tandis que la poussée démographique incite à une rénovation des paroisses.
A la suite des dettes contractées et accumulées pendant les Guerres de Religion qui ont obligé la ville à vendre une partie de son immense territoire, on voit apparaître en Camargue de vastes domaines fonciers qui participent à la reconquête agricole de ce terroir déserté depuis des décennies. En retour à cet enrichissement des classes nobles et bougeoises, les arts se développent et la ville se pare d'un grand nombre d'hôtels particuliers.
Dans ce renouveau architectural émerge le nouvel hôtel de ville conçu par l'architecte arlésien Jacques Peytret aidé de Jules Hardouin-Mansart en hommage au Roi Soleil, en l'honneur duquel on érige face au nouveau monument l'obélisque ornant autrefois le cirque romain. L'édifice est achevé en 1675. À compter de 1679, une politique d'alignement est entreprise par les consuls. Ceux-ci « délibèrent un alignement général des rues pour les rendre plus agréables et plus commode ». Cette politique d'alignement qui se poursuit jusqu'à la Révolution, modifie considérablement l'aspect du centre-ville.
Au tournant du siècle, Arles va renouer avec un épisode de multiples catastrophes : l'hiver 1709 ruine les récoltes et gèle les oliviers, inondations et disettes se succèdent et la grande peste de 1721 provoque un désastre démographique : elle emporte environ 9.000 habitants sur 23.000, soit plus du tiers de la cité.
Au début de 1752 (fin janvier, début février), l'archevêque de Jumillac intervient à Arles pour apaiser une émeute liée à une pénurie de blé générée par la spéculation. Il ordonne de faire des distributions de pain au peuple. Toutefois, les meneurs de l'émeute sont sévèrement châtiés ; l'un est pendu, huit condamnés aux galères à vie et d'autres à dix et cinq ans.
Vers le milieu du XVIIIe siècle, apparaissent des établissements industriels et artisanaux autour des murailles et à Trinquetaille.
Au XIXe siècle, Arles est marquée par les épidémies de choléra[64]. La cité subit également de profondes mutations : elle redécouvre son passé historique et se transforme de gros bourg agricole et portuaire, en ville ouvrière.
Vers 1824 le Baron de Chartrouse, maire d'Arles entreprend de remettre en valeur la patrimoine bâti en dégageant les Arènes, puis le théâtre antique.
Port encore important[65] au début du XIXe siècle, Arles perd dès 1848 son monopole de la navigation sur le Bas-Rhône à cause des chemins de fer (ligne Paris-Lyon-Marseille) puis de Saint-Louis, port créé à l'embouchure du Rhône à partir de 1882. Le chemin de fer révolutionne l'économie et la physionomie des activités au détriment du port fluvial. La Cité se vide ainsi de ses marins qui représentaient avec leurs familles près du tiers de la population de la ville. La ville trouve cependant un second souffle dans l'industrie. Les ateliers des chemins de fer qui recouvrent les Alyscamps attirent dès 1848 une nouvelle population. Un peu plus tard, des ateliers de construction navale apparaissent à Barriol. La population rurale, qui constituait encore 40% des habitants de la ville vers 1850, quitte la cité. En moins d'un demi siècle Arles devient une ville ouvrière.
A partir des années 1830, la ville se transforme profondément en se dotant de nombreux équipements[66]. La ville se développe également en périphérie par extension de faubourgs, notamment au sud du boulevard des Lices. Le décor architectural, néoclassique au début du XIXe siècle, devient plus éclectique après 1850.
Son territoire est lui aussi mis en valeur. En 1856, des industriels bâtissent Salin-de-Giraud au sud de la commune pour l'exploitation du sel. Un peu plus tard, en 1892, deux lignes de chemin de fer sont créées pour le développement de ces salins et plus généralement, pour celui de la Camargue[67].
Maires élus depuis 1790.
Arles est le chef-lieu de deux cantons :
Arles est le siège d'un arrondissement des Bouches-du-Rhône, l'arrondissement d'Arles, qui comprend 9 cantons et 36 communes dont 4 de plus de 10.000 habitants pour une population totale de 180.948 habitants (recensement 1999).
Arles fait partie de la Communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette depuis sa création en janvier 2004. Cette communauté peuplée de 75.939 habitants (recensement 1999) regroupe outre Arles, 4 autres communes : Boulbon, Saint-Martin-de-Crau, Saint-Pierre-de-Mézoargues et Tarascon.
Arles est classée ville d'Art et d'Histoire.
Une douzaine de monuments sont inscrits sur la liste de 1840 dressée par Prosper Mérimée. Une grande partie des monuments est protégée dès la première moitié du XXe siècle. Sur le territoire d'Arles il y a 44 monuments historiques classés et 48 monuments inscrits à l'inventaire supplémentaire au 1er janvier 2006. La grande majorité de ces édifices est située dans le centre historique.
Les monuments romains et romans de la ville d'Arles sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité depuis 1981.
Le patrimoine historique arlésien se compose essentiellement de monuments romains et du moyen-âge. Il est complété par quelques réalisations majeures des XVIe et XVIIe siècles. Parmi les édifices les plus connus, il convient de signaler les monuments suivants :
Autres monuments:
Musée de l'Arles et de la Provence antiques
Le Musée de l'Arles et de la Provence antiques est un musée construit en 1995, dans un bâtiment moderne conçu par l'architecte Henri Ciriani, sur la presqu'île où se trouvait l'ancien cirque romain pour abriter les collections archéologiques particulièrement riches de la ville.(Site officiel). Il contient en particulier la deuxième collection de sarcophages paléochrétiens après celle des musées du Vatican.
Élection des reines d'Arles. Depuis 1930, la municipalité d'Arles organise l'élection d'une reine d'Arles. Voir l'article Liste des reines d'Arles.
Cloître de Saint-Trophime
Cloître de Saint-Trophime
Cloître de l'abbaye de Montmajour
Ruines du théâtre romain, au fond le clocher de Saint-Trophime
Arènes d'Arles (nuit)
Saint-Trophime (nuit)
Arles - la place du Forum
coiffe d'arlesienne etude
Amiens : la cathédrale Notre-Dame ' Arc-et-Senans : la saline royale ' Arles : les monuments romains et romans ' Avignon : le centre historique (le palais des papes, l'ensemble épiscopal) et le Pont d'Avignon ' Bourges : la cathédrale Saint-Étienne ' Carcassonne : la ville fortifiée historique ' Chartres : la cathédrale Notre-Dame ' Golfe de Porto (Corse-du-Sud) : la calanche de Piana, le golfe de Girolata et la réserve de Scandola Dordogne : les sites préhistoriques et les grottes ornées de la vallée de la Vézère ' France : les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ' France et Belgique : les beffrois ' Fontainebleau : le palais et son parc ' Hautes-Pyrénées et Aragon : le Mont-Perdu ' Le Havre : le centre-ville reconstruit par Auguste Perret ' Loiret et Maine-et-Loire : le Val de Loire, de Sully-sur-Loire à Chalonnes ' Lyon : le site historique du Vieux Lyon ' Marmagne : l'abbaye cistercienne de Fontenay ' Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon : le canal du Midi ' Le Mont-Saint-Michel : le mont, son abbaye et sa baie ' Nancy : les places Stanislas, de la Carrière, et d'Alliance ' Orange : le théâtre antique, ses abords et l'arc de triomphe ' Paris : les rives de la Seine ' Provins : la ville de foire médiévale ' Reims : la cathédrale Notre-Dame, l'ancienne abbaye Saint-Remi et le palais de Tau ' Remoulins : le Pont du Gard ' Saint-Émilion : sa Juridiction ' Saint-Savin (Vienne) : l'abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe ' Strasbourg : Grande île ' Versailles : le palais et son parc ' Vézelay : la basilique et sa colline
Origine du texte "un peu plus sur Arles" :Wikipédia
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